Un peu d’histoire

Si le destin de l’Afrique du Sud s’est noué au XVIIe siècle avec l’arrivée des Hollandais dans la péninsule du Cap, l’histoire du pays commence bien avant, lorsque les peuples San et Khoikhoi s’établissent le long des côtes.

L’histoire de l’Afrique du Sud est particulièrement riche en rebondissements, entre mélanges culturels et ségrégation raciale, entre unité et séparation. Lire l’histoire de l’Afrique du sud, c’est éclairer le présent par les lumières du passé.

 

Les grandes lignes :

• L’arrivée des Européens

En 1488, un navire portugais commandé par Bartolomeu Dias dépasse le Cap de Bonne-Espérance par hasard et découvre une voie maritime menant en Asie. Par la suite, plusieurs navires croisent le Cap non sans difficultés.

En 1652, trois navires de la Compagnie des Indes Orientales jettent l’ancre dans la baie de la Table pour y créer une escale sur la route des Indes. Jan Van Riebeeck et ses hommes sont les premiers à s’installer durablement au pied de Table Mountain. Quelques marins prennent leur indépendance et deviennent fermiers (Burghers).

Dans les années 1680, ces premiers colons sont rejoints par de nombreux européens (huguenots français, allemands…). La Compagnie des Indes Orientales pratiquant une politique sociale et économique très stricte, les jeunes Burghers s’enfoncent dans les terres à la recherche de liberté. Ces fermiers vagabonds (Trek boers) développent leur propre culture, parlant l’Afrikaans et pratiquant un calvinisme austère.

Tout le XVIIIe siècle n’est que conflit entre la Compagnie, soucieuse de garder le contrôle de ses colons, et les Trek boers portés jusqu’à la Great Fish River par leur désir d’indépendance.

• Prise de contrôle Britannique

À deux reprises, entre 1795 et 1807, les britanniques prennent possession de la colonie du Cap. Ils imposent des lois plus égalitaires, mettant fin à l’esclavage (1833) et à la ségrégation raciale qu’avait instauré la Compagnie des Indes.

Les Boers, se sentant oppressés, décident de migrer vers le Nord-Est du pays. C’est le début du Grand Trek. Les Boers fuient le contrôle britannique et atteignent Port Natal en 1837. Ils décident d’y établir une république indépendante (Natalia), mais la couronne britannique refuse de reconnaitre ce nouvel état et annexe le territoire. Parallèlement, cet exode crée de nombreuses tensions avec les tribus Xhosa et Zoulou, dont les territoires sont maintenant empiétés.

Finalement, un accord est trouvé entre les Boers et les britanniques : deux républiques Boers obtiennent leur indépendance en 1852 et 1854 : la république du Transvaal et l’Etat Libre d’Orange. Le Grand Trek prend fin.

Cependant, dès les années 1880, l’extraordinaire sol minier du Gauteng (République du Transvaal) est découvert, et les britanniques s’en empare en quelques années. La guerre anglo-boer (1899-1902) se conclut par une défaite des Boers dont les deux républiques deviennent des colonies anglaises.

• La réponse afrikaans : l’Apartheid

En 1909, un gouvernement de coalition est formé, représentant boers et anglais. En 1912, l’ANC nait (SANNC), et l’année suivante, le Native Land Act de Louis Botha confine la population noire sur 7,3% du territoire. C’est le début d’une longue période de ségrégation raciale. En 1918, le SANNC organise une campagne contre le Pass, qui permet un contrôle systématique de la population noire.

En 1924, les nationalistes Afrikaners arrivent au pouvoir et renforcent la politique raciale : l’apartheid apparait comme un projet de société. Après la seconde guerre mondiale, l’apartheid est présenté comme la seule solution face au « péril noir ». En 1948, avec Malan au pouvoir, le racisme devient une institution (mariage entre blancs et noirs interdit).

En 1950, les deux lois fondamentales de l’apartheid sont promulguées : D’une part, le Population Registration Act, qui impose un système de classification par race : Noirs, Métis et Blancs. D’autre part, le Group Areas Act, qui impose à ces groupes des lieux de résidence spécifiques et une séparation stricte des races dans les lieux publics.

À partir de ce moment, l’opposition noire s’organise au sein de l’ANC. En 1952, une campagne de désobéissance civile est organisée, 8000 personnes sont arrêtées. En 1955, la Charte de la Liberté est rédigée, 156 personnes sont arrêtées dont Nelson Mandela. Elles seront toutes acquittées en 1961. La même année, Nelson Mandela devient président de l’ANC et fonde clandestinement sa branche armée afin de réaliser des campagnes de sabotage. Mais en 1962, Nelson Mandela est arrêté et condamné à la prison à perpétuité. Les principaux leaders des partis d’opposition sont arrêtés et 46 personnes sont condamnées à mort.

Les années 70 sont marquées par des mouvements de protestation étudiante, avec Steve Biko notamment. Les grèves générales de 1984 et les manifestations de 1985 poussent Pieter Botha à décréter l’Etat d’urgence, durant lequel la violence va se généraliser.

• Vers l’Etat Démocratique

Pour désamorcer la crise, De Klerk est préféré à Botha. Ce denier légalise les activités de l’opposition. En 1990, Nelson Mandela est libéré, ainsi que tous les prisonniers politiques. En 1994, les premières élections libres ont lieu. L’ANC remporte 62,7% des voix et Nelson Mandela est nommé Président de la République. La nouvelle constitution est adoptée en 1996. Depuis, deux autres présidents de la République se sont succédés : Thabo Mbeki et Jacob Zuma.

Aller plus loin :

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